Commençons par la plus célèbre des licences : la licence GNU GPL (General Public License). Écrite pour la première fois en janvier 1989, elle a beaucoup évolué et en est à sa troisième version depuis le 29 juin 2007. Elle se caractérise par de fortes restrictions, ce qui lui confère un caractère viral et contagieux. En effet, elle met en application le concept de "Gauche d'auteur", véritable antagoniste du "Droit d'auteur", ce que montre son logo, le "c" inversé .En deux mots, le "Copyleft" interdit d'interdire. Un logiciel sans licence, donc appartenant au domaine public, peut être partagé, copié ou modifié. Il est ensuite possible de rendre propriétaire les versions modifiées (aussi infimes les changements soient-ils) et d'exiger des droits d'auteur. C'est précisément ceci que la licence GNU GPL empêche. Et c'est aussi pourquoi elle n'est pas utilisée par certains développeurs qui la trouvent trop utopiste pour le monde dans lequel on vit. Il est très difficile pour un programmeur d'être soutenu par des entreprises quand elles savent qu'elles produiront un logiciel libre, malgré la différence entre liberté et gratuité (différence sur laquelle nous reviendront plus tard ).
Pour compléter la licence GNU GPL, une autre licence a été écrite, avec des objectifs différents : la licence GNU LGPL (d'abord Librairy GPL, puis maintenant Lesser GPL). Elle est faite pour ce qu'on apelle les bibliothèques : ces morceaux de programmes qui sont destinés à être utilisé par d'autres programmes mais qui seul ne font rien. Lorsque de telles bibliothèques sont des alternatives libres à des bibliothèques propriétaires, il est préférable pour tous que ce soient les bibliothèques libres qui soient utilisées, même dans les programmes propriétaires. Les entreprises préfèrent payer des bibliothèques propriétaires pour conserver leurs droits d'auteurs, mais grâce à la licence LGPL, ceci n'est plus nécessaire. Cependant, toutes les bibliothèques ne devraient pas être placées sous licence LGPL. En effet, lorsqu'une bibliothèque fournit des fonctionnalités suffisament uniques, elle devrait (selon le site www.gnu.org) être placée sous licence GPL afin de faire basculer toujours plus de programme dans le monde du libre. C'est par exemple le cas pour la bibliothèque Readline qui permet de faire des programmes interactifs en console. Pour résumer, le licence LGPL est moins restrictive et ne promeut pas le libre autant que sa grande soeur, la licence GPL.
Une troisième licence de GNU existe enfin, rédigée plus récemment. Il s'agit de la licence GNU AGPL (Affero GPL). Elle corrige une lacune de la licence GNU GPL. En effet, dans un monde informatique de plus en plus inter-connecté, un nouveau type de services sont apparus : il est possible d'utiliser des programmes executés sur d'autres machines. En gros, un internaute se connecte à un site qui exécute un programme. Alors dans ce cas là, il n'y a pas "distribution" à proprement parler du programme, il ne s'agit que d'une copie privée tournant sur le serveur. Dans ce cas, la licence GPL stipule que l'on n'est pas obligé de rendre public le code source du programme. Cette situation permet dans les faits de prendre un logiciel libre sous licence GPL, de le modifer, de le "diffuser" comme expliqué plus haut, sans avoir à rendre public le code source. Ceci va à l'encontre des principes fondateurs du logiciel libre. La licence GNU AGPL permet de corriger ce problème en obligeant à diffuser le code source d'une application à quiconque l'utilise sur le réseau. GNU encourage à utiliser cette licence pour toute application destinée à être utilisée sur un réseau. Elle tire son nom du projet Affero lancé par Henry Poole, qui souhaitait trouver un cadre légal pour ce genre d'utilisation de logiciels libres. Elle est née des nombreuses discussions entre Poole et Stallman sur le sujet.
Voila pour les licences du projet GNU, plus d'infos arrivent sur les autres licences libres dans un prochain message.
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